Articles: Guillaume Litaudon

Les deux mémoires de la lecture

Lecture et mémoire semblent inextricablement liées, tout comme lecture et histoire. Si chaque nouveau format, support, technique de lecture et d'écriture a eu ses détracteurs sonnant la décadence, nul doute que la révolution numérique fut – et est toujours -- l'émergence la plus bruyante. De là à faire du manque de lecture l'origine du portrait de la « génération Y » brossé par des managers désemparés, il n'y aurait qu'un pas. Prenons au sérieux ces affirmations le temps d'un essai.

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L’Astronome

Mes contemporains ont encore frappé. Après des propos outrageants (à dessein) d’un vidéaste vulgarisateur d’astronomie, le Twitter francophone a explosé. L’un des arguments revenant le plus souvent est le rapport sexuel supposé illégal et immoral que cet individu commettrait régulièrement sur sa femme endormie. Sans aucune volonté de défendre le personnage, c’est là l’occasion d’un pastiche sur la nature du viol.

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Le complexe de la solitude

Comment les théories de Masachi Ohsawa, de Fredric Jameson et de Jean Baudrillard permettent de souligner les dilemmes d’une société dont les individus sont trop lourdement insérés dans la nouvelle infrastructure d’information et de communication

Dans l'ensemble, le transhumanisme a peu réfléchi aux effets sociaux de ses applications. Les théories de Masachi Ohsawa, de Fredric Jameson et de Jean Baudrillard permettent de souligner les dilemmes d'une société dont les individus sont trop lourdement insérés dans la nouvelle infrastructure d'information et de communication.

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Compte rendu du Traité du désespoir

Si le titre français Traité du désespoir donne très justement l’objet du livre, c’est en partant de l’énigmatique « maladie à la mort » que Kierkegaard va déployer sa réflexion sur le désespoir. Kierkegaard avait traité le thème de l'angoisse en 1844 d'un point de vue psychologique et en quelque sorte éthique. Ici, le désespoir est bien plus lié au religieux que ne l'était l'angoisse.

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Primauté de la temporalité sur la spatialité

§ 70 de Être et temps

C’est dans ce paragraphe que Heidegger fait le lien entre les deux déterminations fondamentales du Dasein : la spatialité et la temporalité. La temporalité est ce qui fait advenir le Dasein à lui-même, elle est son « sens » et prime sur l’espace. Nous examinerons d’abord les conceptions du temps que Heidegger rejette avant de nous pencher sur l’articulation du temps et de l’espace pour comprendre de quelle nature est cette primauté du temps sur l’espace.

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Le sommet du naturel : Montaigne

Dans les précédents chapitres de cette partie de Être soi-même, Claude Romano s’est penché sur la grâce chez Castiglione, et comment son Livre du Courtisan a influencé la Renaissance. Avec Montaigne, on voit déjà s’opérer une transition : la grâce passe des palais à l’individu quelconque. Elle devient naturelle. Le style même est l’expression de l’individualité de son auteur. Ce qui intéresse Montaigne est l’être véritable, c’est-à-dire l’être sur le mode de la vérité. C’est une ipséité en tant que refus de se dissimuler, véracité de l’existence que l’on porte, qui nous informe par responsabilité. Mais l’intérêt de Montaigne, c’est aussi qu’il mesure ce qui fait obstacle à l’accès à notre être véritable. Seule la franchise permet d’accéder à notre forme maîtresse.

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Théorie de l’enquête à l’épreuve de la philosophie de l’éducation

Le philosophe américain pragmatiste John Dewey (1859-1952) est principalement connu pour ses développements en pédagogie et philosophie de l'éducation. Il est toutefois intéressant de se pencher sur sa théorie de l'enquête, qui permet de résoudre des situations sociales particulièrement épineuses. Étude du cas d'un professeur de philosophie particulièrement amateur de la pensée de John Dewey.

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Défense de l’approche biographique

Contradiction de positiviste

Il y a peu, j’ai été amené à entendre la thèse d’un philosophe positiviste. L’Auteur, avec cette capitale de déférence, était l’entité avec laquelle on communiait sur un plan des pures idées philosophiques, plan auquel on accéderait notamment lors de l’écriture de textes philosophiques.

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Origine, émergence et provenance chez Nietzsche

À travers un lexique composé de trois termes différents pour désigner l'origine, Friedrich Nietzsche élabore dans La Généalogie de la morale une critique de différents types de discours d'origine avant de proposer une méthode de production plus rigoureuse de ces derniers. Cet article propose une analyse de la généalogie nietzschéenne comme critique des discours d'origine précédents, dans une méthode de production qui s'écarte à la fois des approches mythiques, rationnelles, scientifiques et phénoménologiques.

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La question des mathématiques chez Nietzsche

En s'intéressant de plus près à ce que Nietzsche dit des mathématiques, on se rend compte qu'il y a dans le statut de ces dernières une question à explorer. Le développement des mathématiques semble lié à la philosophie première, entendue la recherche des origines. Élaborer un discours sur l'origine qui explique tous les objets qui composent notre quotidien, voilà l'impulsion de la métaphysique, que l'on peut définir comme tentative de réponse à la question fondamentale de Leibniz : « Pourquoi il y a plutôt quelque chose que rien ? »

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