Les dates et heures - Dates, durées et horloges en informatique • Tutoriels • Zeste de Savoir - Le Hollandais Volant

@timo Yep, il y a plusieurs epoch. J'avais rencontré ce problème il y a 8 ans lorsque je faisais un outil de conversion des marque-pages au format Netscape HTML (https://dev.yom.li/projects/bookmarks-conversion/). Ça marchait dans Firefox, mais pas dans les navigateurs Webkit, dont Chrome à l'époque. Il se trouve que Webkit utilise l'epoch de Windows NT qui débute au 1er janvier 1601. Pourquoi ? Aucune idée, surtout quand on sait que Webkit est un fork d'Apple (dont les Mac sont Unix) de KHTML provenant de KDE (Unix donc)…

Addictions ordinaires – Nocline

@nocline Ce qui me sauve, c'est que je suis un vieux d'Internet. Pas autant que les dinosaures qui ont connu les BBS, Usenet, etc. mais très vieux par rapport aux usages actuels. J'ai connu les forums. J'ai été témoin de la période dorée des blogs où les gens conseillaient des trucs de professionnels pour en vivre ou se démarquer (optimiser son référencement Google, installer des outils de stats qui tracent les utilisateurs pour savoir ce qui les intéresse et faire des billets dessus, etc.).

Donc je comprends Eco sur ce point, tout en m'inscrivant en faux : quand il écrit La société liquide, on était déjà sorti de ce modèle. Les gens avaient tous un smartphone (rappel que je ne m'y suis mis qu'en novembre 2016 avec pour raison avouée de pouvoir contrôler le rendu de mes pages web et utiliser Silence et Signal, deux messageries chiffrées… même de nos jours, mon frère et moi on détonne dans les repas de famille à ne pas sortir le smartphone là où tous les cousins moins âgés reçoivent et répondent à des notifs), et c'est le smartphone qui a accentué la ruée vers les réseaux sociaux. Tu prends Twitter à ses débuts, on pouvait tweeter par SMS, d'où la limite des 140 caractères, ça demandait pas un monstre de guerre qui bouffe toute la mémoire disponible.

C'est pas que les réseaux sociaux n'existaient pas avant les smartphones, ni n'avaient aucune pratique nocive. C'est juste que ces pratiques ont été amplifiées par l'usage des smartphones. Le scroll infini était déjà présent sur PC, mais le smartphone le rend infiniment plus simple dans la pratique (ne serait-ce qu'au niveau musculaire, le pouce opposable effectue un mouvement plus naturel que celui de l'index sur une molette de la souris). L'instantanéité et la présence toujours-connectée, c'est le smartphone qui a amplifié le phénomène. Facebook à ses débuts, tu fermes le site, tu reçois un mail avec les notifs que tu as loupées, mais ça demande que tu fasses l'effort d'ouvrir tes mails puis Facebook. Le smartphone te donne directement la notification, comme un SMS, même quand tu dors ou que tu es au cinéma. Tu es toujours joignable, tu es toujours rappelée à revenir, tu es toujours sous l'emprise de la drogue.

C'est ce qui a tué les blogs. Ce n'est pas étonnant que les plus gros blogueurs aient été les premiers gros comptes de Twitter. Ils étaient déjà dans une optique « commerciale » (là où je rejoins Eco), et se sont tout simplement retranscrits sur le réseau social, là où ils étaient récompensés précisément pour leur approche « commerciale » du truc où il faut littéralement se vendre. Quand Eco écrit, les blogs sont déjà morts, pour les plus tenaces ils ne le savent pas encore. Mais là où je m'inscrit en faux avec Eco, c'est qu'il y avait, et il y a toujours eu deux composantes aux blogs. J'ai présenté la composante où, effectivement, c'étaient des écrivaillons pour qui le plus important était le contact avec le public, c'est-à-dire ce que la forme blog, avec sa blogosphère, ses commentaires, etc. permettait de formation de leur égo. Mais il y a une autre composante, bien plus légitime en ce qu'elle existait bien avant.

C'est celle du web comme lieu d'espace personnel. Celle des gens qui ouvrent leur site pas pour un public, mais parce que c'est leur petit bout de terrain numérique. Ça ressemble bien plus à des cabinets de curiosité, ça peut avoir une apparence cohérente comme totalement disparate parce que c'est le reflet de leur auteur : si machin aime la moto et la littérature scandinave du XVIIIe, il ne lui est pas interdit d'avoir son lopin de web où il parle des deux. Et non seulement ce n'est pas interdit, mais en plus les principes d'Internet même stipulent qu'il est tout aussi légitime que les éditions Gallimard à le faire. J'ai pas encore lu ce Eco (mais il est sur ma liste depuis un paquet de temps, j'ai la preuve), mais renier ce droit à chacun d'exercer une liberté fondamentale garantie par la DDHC de 1789 ne me paraît pas être son intention. « Oui mais sur Internet n'importe qui peut dire n'importe quoi. » Oui, c'est le principe. C'est cette liberté fondamentale de l'individu humain à pouvoir exprimer son opinion, et mieux encore, à pouvoir le faire sans obtenir l'aval d'une autorité quelconque. Donc dire que les blogueurs ne devraient pas exister, que l'autorité maison d'édition est seule à même de permettre l'expression d'une personne, je ne suis pas d'accord. Je doute que Eco le pense ainsi, mais si c'est le cas, c'est une pensée de boomer sans subtilité et ça m'étonne beaucoup. Des journaux anarchistes qui se vendaient à trois exemplaires, ça existait. L'Éternité par les astres n'a pas eu de maison d'édition, parce qu'à l'époque on pouvait juste aller chez un imprimeur, faire imprimer, et envoyer à n'importe qui (ce qui continue de se faire). Les fanzines des années 60 à 80, c'étaient des magasines fabriqués par une ou deux personnes (parfois plus), de leurs petites mains.

Tu vois qu'il y a une longue tradition, et je pourrais remonter bien plus loin encore en parlant de La Boétie et Rabelais, de certains moines copistes, de Lucrèce… Bref, il y a une longue tradition d'expression personnelle (j'insiste sur les sens de personnel) qui n'a pas attendu – voire qui s'est construite contre – une autorité. De manière beaucoup plus philosophique, psychologique au sens noble, et anthropologique, si je suis Laurent Gerbier, il y a depuis les débuts de l'humanité une propension à reconnaître les traces des autres êtres humains. On est fait et câblés pour chercher les traces humaines.

Donc pour moi, ce n'est pas le web personnel, l'IndieWeb, les blogs persos, les petits lopins de web, bref la présence virtuelle de la personne qui est un problème. C'est tout le dévoiement opéré par les GAFAM. Mais pas qu'eux, puisque j'ai montré que la blogosphère « commerciale » préexistait aux géants du web actuel… En fait, tu regardes toutes les formes d'expression personnelle de notre histoire récente ont été dévoyées. Les radio libres des années 70-80 (mon père et son frère y ont participé) dont les plus « commercialo-compatibles » sont devenues des monstres comme Skyrock. Début des années 2000, Free avait lancé le concept de télévision libre (je blague pas, j'ai une interview très intéressante si tu veux), où chacun pouvait diffuser sa propre chaine aux autres abonnés de Free. Il y a eu des chaînes porno, il y a eu des chaînes éducatives, il y a eu des chaînes humoristiques. Près de 15 ans plus tard, tu vois où on en est avec Twitch. Je peux continuer comme ça toute la journée. C'est pas un phénomène propre aux GAFAM ou à Internet, c'est propre à la société même.

J'ose pas dire « la société sous régime capitaliste » parce qu'on pourrait arguer que bien avant d'autres autorités ont fait de même. La pratique scolastique des questions libres, où les étudiants et docteurs d'université traitaient « librement » de questions farfelues comme « doit-on baptiser deux fois les frères siamois ? » (véridique) ont rapidement donné lieu à des bulles papales recadrant l'enseignement des universités pour que certaines thèses soient interdites (dans les faits, c'était contourné astucieusement).

La grande différence, c'est bien le côté « se vendre », et la notion de travail gratuit que tu utilises (même si je ne suis pas entièrement d'accord avec les différents usages et définitions qui ont été données ces dernières années) permet d'y voir plus clair. Créer une emprise, en faisant de son public ses « clients », c'est effectivement un travail, et au sens capitaliste du terme. C'est créer un produit, une marchandise, qui ne peut s'échanger sur le marché que parce que la valeur nécessite le Capital. Ce travail gratuit de scroller des contenus, etc., c'est se créer travailleur au service du Capital, c'est servir de porteur de la valeur, lorsque le créateur suivi s'inscrit dans le processus capitaliste de production. S'ajoute à ça, par-dessus, le fait que les deux (public et créateur) travaillent également pour la plateforme. Dernièrement, on a vu Facebook imposer un abonnement (ce qui me paraît illégal du point de vue RGPD, mais on verra dans un an si l'UE dit quelque chose, puis c'est pas comme si la CNIL bougeait son cul pour des sites comme Allociné ou JVC). On a alors appris que chaque utilisateur faisait, en moyenne, gagner 6 € par mois à Facebook. Rien que le fait d'y être, de scroller et d'appuyer sur un like, c'est déjà travailler pour Facebook. Donc on a là un triple travail gratuit, qui est assez hallucinant quand on y pense.

Donc oui, je suis d'accord avec ton point de vue. Hormis sur le côté Eco « si tout le monde peut écrire, on ne peut plus distinguer de valeur (=qualité) ». Là, je ne suis pas d'accord. C'est avoir une vision étriquée du sujet. Si de nos jours, tout le monde peut ouvrir un blog, la question de la qualité de ces écrits ne peut devenir qu'une question de formation des esprits. Une maison d'édition, un journal, une radio, une télévision n'est pas gage de qualité. Nietzsche faisait imprimer ses bouquins à compte d'auteur, et n'a quasiment rien vendu de sa vie ; aujourd'hui on ne peut dire que sa philosophie comme son style ne sont pas reconnus. Il apparaît absurde (haha) de se passer des Actuelles de Camus, ou pire, de tout le genre épistolaire en littérature (lorsque ce ne sont pas des fictions) au prétexte que c'est écrit par n'importe qui. Ce que les gens du XVIIIe s'écrivaient entre eux, aujourd'hui c'est un blog. Ce que les soldats de 14-18 écrivaient à leur famille, aujourd'hui ça passerait dans un tweet. Mon arrière-grand père a tenu un journal de la guerre de 14 dans un petit carnet. C'est dans la famille. Bourré de fautes, sans prétention à publication. Aujourd'hui, ce serait un blog.

C'est pourquoi je tiens à cette distinction entre le web « commercial », dont ta génération d'internaute (arrivée plus tard que moi) n'a connu pratiquement que ça et s'y est engouffré faute de réelle éducation au numérique, et le web comme espace d'expression personnelle hors visée « commerciale », qui était la norme fut un temps, et dont on continue de trouver des représentants dès lors qu'on s'écarte un peu du web « commercial ». Oui, certains espaces sont obscurs. Oui, d'autres sont de très mauvaise qualité et ne mériteraient pas d'être lus s'ils étaient imprimés. Mais c'est pas le but. Le but, c'est pas de dire « j'existe, regardez-moi, je vais vous fournir votre dose de dopamine ». Le but, c'est de dire « j'existe, maintenant vous faites ce que vous voulez, vous me regardez si vous voulez, quand vous voulez, si ça vous fait plaisir tant mieux sinon tant pis, et je vous invite à faire pareil parce que j'ai bien aimé le faire de mon côté donc vous pourriez aimer aussi ». La différence est de taille, et j'y tiens. Le fait que tout le monde puisse s'exprimer personnellement sur Internet est une bonne chose et signe que ça fonctionne comme ça devrait. Le fait que ça ait été dévoyé est regrettable, mais n'implique pas l'invalidation du premier principe qui continue d'être vrai, et je me battrai personnellement pour que ce le soit parce que c'est un axiome fort chez moi : le fait qu'être libre implique des effets de bord regrettables ne devrait jamais conduire à supprimer la liberté. C'est pas parce que la Ve République permet un autoritarisme fort, une accession du fascisme au pouvoir, et une corruption des élus qu'il faut supprimer le droit de vote.

Donc pour conclure parce que j'ai quand même écrit peu ou prou autant voire plus que toi sur un point précis :

  1. Ferme Instagram. Ferme tout ce qui est un peu « commercial ». Regarde le Fediverse (qui n'est pas sans problèmes, mais on revient tout de même bien plus sur de l'espace personnel d'expression), prends ton temps à sélectionner des blogs, des flux RSS, etc. L'Internet indépendant continue d'exister, parce qu'il n'a pas besoin de public pour ça. Parfois ça vaut pas le coup. Parfois c'est imparfait. Parfois la personne s'éloignera de plus en plus de ce que tu aimes. Mais c'est ainsi. J'écoutais Guillon sur France Inter tous les matins quand j'étais à l'IUT. Maintenant il me sort par les oreilles. On change tous. Nos goûts changent. Nos exigences changent. Construire son propre réseau de web personnel, en ce que tu vas « suivre » des gens, demandera un effort, et il sera toujours en mouvement. Mais c'est comme lire des bouquins à la bibliothèque : ça te demande l'effort de trouver qui ou quoi lire, des fois tu changeras d'auteur fétiche, des fois tu sortiras de ta zone de confort, mais au moins c'est toi qui choisit, qui t'éduque, qui change les goûts et exigences, la bibliothèque existe, elle est là, mais elle va pas te dire de venir ou t'envoyer directement les derniers bouquins de ta liste d'auteurs favoris que tu DOIS lire maintenant sinon c'est foutu. C'est ça que je vois dans l'internet libre, et certes on a parfois l'impression d'être rien dans un océan d'internautes-consommateurs à voir tout le monde tomber dans les travers que l'on dénonçait des décennies auparavant, mais au moins on est toujours là. Twitter peut devenir X et un réseau mené par un antisémite proche du fascisme invitant l'extrême droite à se décomplexer, Facebook peut disparaître comme Google+, mais cet internet libre sera encore là tant qu'on lui accordera un peu d'amour. Comme les bibliothèques.
  2. Vire Chrome. Le simple fait de l'utiliser, c'est du travail gratuit. Puis Chrome va bloquer les extensions respectueuses de la vie privée à partir de mi 2024, tout en continuant d'envoyer TOUTES tes données à Google. Tiens, rien que pour le mode lecture de Firefox, je comprends pas pourquoi les gens continuent d'utiliser Chrome. Au-delà de ça, il y a un tas d'applications et usages inutiles. De fait, mon smartphone me sert principalement de téléphone, au sens SMS. Je cuisine en écoutant de la musique ou une vidéo, je lis mes articles Wallabag quand je suis dans la salle d'attente médecin ou là où le roi ne va qu'à pied, et c'est à peu près tout. Les seules notifs que j'ai sont de Discord, Signal (quand un rare contact veut me parler) et des mails sur une seule boite sur les trois que j'utilise. C'est-à-dire que sur les autres boites mail, sur Mastodon ou autre, j'ai aucune notif. Je dois décider d'ouvrir ces applications. On ne vient pas me chercher, c'est moi qui vais aller en pleine conscience voir quelque chose. Tu vois la différence ? J'ai mis ça en place dès le premier mois de mon premier smartphone, parce que j'avais l'éducation au numérique adéquat pour savoir qu'il fallait le faire pour ne pas avoir autant de problèmes. Même durant mes grandes heures de Twitter, j'avais un client non-officiel et sans notifs, il fallait que je l'ouvre pour voir si on m'avait parlé. Pas pour dire que mon exemple est formidable, juste que j'ai l'impression qu'une génération internet qui n'a pas eu le recul que j'ai par la façon que nous avions d'utiliser Internet s'engouffre bien plus aisément dans la mauvaise hygiène numérique. Et je ne l'en blâme pas. C'est pas de sa faute, tout est fait pour que ce soit le cas. Donc ouais, je suis tout le temps devant mon PC. J'ai un usage numérique excessif quand j'ai pas un boulot type recherches philosophiques ou autre. Je suis bien le premier à le reconnaître. Mais c'est pas le temps d'écran qui pose problème en soi. Je serais dans un bureau avec une machine à écrire, une pile de journaux, une encyclopédie et une grande bibliothèque, je ferais peu ou prou ce que je fais sur PC. Ce serait sans doute moins fatigant pour les yeux, mais à part ça… Le problème, il surgit quand tu te laisses aller à une mauvaise hygiène, en cliquant sur l'email qui vient d'arriver, sur la notification comme quoi tu as 5 nouveaux articles dans ton lecteur RSS (je regarde qu'une à deux fois par jour, et je ne suis presque jamais dans l'instantané : les journaux sont limités à une fois par semaine, d'autres une fois par mois, etc.), exactement comme si on tapait à ta porte plusieurs fois par jour pour te proposer des sucreries. Si tu ne maintiens pas une certaine discipline à aller faire l'effort d'aller chercher un paquet de bonbons à la supérette, c'est pas étonnant que tu aies des problèmes. Si personne t'a dit qu'il fallait pas ouvrir la porte aux sucriers et qu'en plus tu vois pas pourquoi tu devrais faire un effort là où c'est tellement pratique qu'on vienne t'en donner chez toi, je peux pas te blâmer d'avoir succombé.

loïc kaiser (@loic_ksr@piaille.fr): "Je découvre l'univers et le projet de la maison d'édition #Abrüpt @cestabrupt, en tombant un peu par hasard sur un extrait de Qatar…" / Piaille

Assez d'accord : @cestabrupt@mamot.fr est intéressant, pas nécessairement pour le texte sur le Qatar, mais de manière plus large. Ça me donne quelques réflexions sur mes projets d'édition multimédia de textes philosophiques. Y a un petit côté revue philo à la Tiqqun ou Socialisme ou barbarie, que j'aurais voulu lancer quand j'étais encore étudiant.

Note: Rings of Power

OK. Alors le dernier épisode de ROP est une purge incohérente en elle-même, mais en voici une.

Le volcan qui entre en éruption est la Montagne du Destin (Mount Doom), aussi nommée Orodruin : orod (la montagne) ruin (rouge de feu), la Montagne Rouge Feu.

Or… cette montagne est nommée ainsi AVANT qu'elle ne soit un volcan en éruption continue pendant des millénaires.

Plus tôt dans l'épisode on voit cette carte. L'alphabet est numénorien, inventé pour la série, mais ne dérive pas des tengwar.

Il n'y a pas besoin d'être un génie pour voir qu'il est écrit Orodruin, puisque les caractères pour les « o » et les « r » se répètent en même position. Même carte, et à partir des caractères on peut lire Ostirith et Hordern, respectivement la tour de garde et l'un des villages nommés précédemment dans la série.

Donc le mont est bien Orodruin. Une montagne nommée ainsi parce qu'il s'agit d'un volcan QUI ENTRE EN ÉRUPTION CHAQUE FOIS QUE SAURON REVIENT.

Une montagne qui n'est mentionnée nulle part avant le Silmarillion où elle est liée à Sauron. Bref, une montagne qui n'a aucune raison d'être nommée ainsi AVANT que Sauron ne vienne s'établir en Mordor en en contrôlant les éruptions.


J'ai terminé Shadow of Mordor à 100 %. Avec ROP, ça m'a refait penser à cette conversation sur les noms en elfique que j'ai eue avec mon frère il y a un temps.

Le pseudo de @MrCeleblas est « Feuille Argent » en référence à un personnage de AD&D. Le nom complet est Celeblas Cunnheleg.

  • Celeb : argent
  • Las : feuille
  • Heleg : glace
  • Cunn : prince ou chef
  • Cûn(n) : courbé comme un arc

Je dirais donc « Feuille-Argent Prince de Glace » ou « Arc de glace » (plus probablement ce dernier, vu que l'arc de glace est une attaque de D&D assez connue).

De mon côté, je devais avoir douze ou treize ans quand j'ai commencé à utiliser Istanir.

  • Ista : le savoir
  • nir(e) : désir

Je ne pense pas avoir fait exprès d'avoir inventé une traduction presque littérale de « philosophe ». Plus tard, j'ai également un pseudo qui est arrivé dans mes années lycée : Demegol.

  • Dem : triste
  • Egol : abandonné, elfe abandonné (autre nom d'un certain peuple elfique)

Le truc drôle, c'est que Celeblas fut ensuite utilisée presque dix ans plus tard… par Lord of the Rings Online, où c'est un marchand elfe. https://lotro-wiki.com/index.php/Celeblas_(Bree) Comme quoi ma traduction fonctionnait à merveille, non ?

Pour Istanir, on pourrait aussi penser à un suffixe d'agent :

  • -dir/-nir : un homme

Le souci, c'est qu'un tel suffixe ne semble exister qu'en Sindarin (voire en Noldorin si l'on s'écarte beaucoup). Or Istar- : savoir ou istar : le savoir est du Quenya. Le Sindarin serait gûl, mais l'on trouve également ithron : magicien qui est un dérivé du Quenya Istar : magicien, littéralement « Celui qui sait ». Donc une version en Sindarin donnerait quelque chose comme Ithrodir, à la manière du nom Sindarin de Gandalf : Mith-ran-dir : homme gris qui erre. Je ne pense pas avoir modifié le suffixe d'agent du Quenya -nér en -nir, puisque ça donnerait Ista-nér : Homme qui sait, beaucoup trop proche de Ista-r : celui qui sait (-r étant un suffixe d'agent générique et impersonnel). Reste le problème que -nir ne se trouve pas en Quenya en tant que tel : il y a níra (la volonté), et le verbe nir- : presser, appliquer une force (même par la pensée), les deux étant dérivés de l'elfique primitif nir : volonté, intention, conscience de faire. On trouve également en Quenya avanir : refus (ava- : interdiction, refus) de la volonté (-nir, de níra). Donc ce n'était pas quelque chose de si singulier.

Tout ça pour dire que je suis surpris que de tels pseudo fonctionnent encore de nos jours vu qu'ils ont été forgés il y a près de 20 ans par un gosse de 12-13 ans avec un accès limité à Internet.


(Oh, et j'ai oublié de préciser que de toute manière la carte vient de Númenor, donc devrait être en Adûnaïque, la langue des Hommes de l'Ouest puisqu'ils se sont écartés des elfes, traduisant Orodruin en quelque chose comme Urudnitîr.)

Mais ça, ça fait déjà plusieurs épisodes que c'est incohérent. Dans la série, Númenor est censée détester son héritage elfique, pourtant :

  • la reine régente est Míriel (en Adûnaïque ce devrait être Zimraphel)
  • son conseiller est Pharazôn (qui est le nom Adunaïque de Calion)
  • Elendil a un nom elfique là où il devrait être appelé Nimruzîr
  • ses deux fils Anarion et Isildur ont leurs noms elfiques (en Adûnaïque ce devrait être quelque chose à base de Ûri et Nîlû puisque si vous ne le savez pas, Anar le soleil, et Isil la lune)

Après la Montagne Rouge Feu, on a Soleil et Lune, on a de quoi faire des Pokémons 😂 Mais c'est aussi pour ça qu'il est incohérent d'avoir créé un personnage : Eärien, sœur d'Anarion et d'Isildur.

  • Anarion : fils du soleil
  • Isildur : servant de la lune
  • Eärien : fille de la mer

Une incohérence de plus ? Dans le même épisode, Galadriel et Arondir échangent quelques mots en Quenya. Mais Galadriel utilise la même expression que Glorfindel/Arwen utilise pour faire avancer son cheval : noro lim (cours vite), qui est du Sindarin. On pourrait se dire « mais si ça se trouve son cheval, comme tous les chevaux numénoriens, n'a appris que le Sindarin ». Sauf que dans le même épisode, Elendil calme un cheval avec des mots en Quenya.

Donc pourquoi Galadriel change de langue pour son cheval ? Les chevaux comprennent les deux langues ? Et quand bien même : pourquoi les Numénoriens hostiles aux elfes éduquent leurs chevaux en elfique ?

Même épisode, spoiler : on apprend que Adar est un des premiers elfes torturés par Melkor pour en faire des orques. Il insiste sur l'utilisation du terme uruk pour désigner ses « enfants ».

Sauf que uruk est un terme de noir parler, le Sindarin est orch et le Quenya urko. Alors :

  1. Pourquoi ses orques hurlent Udûn en fin d'épisode (Sindarin pour « enfer », aussi le nom moins connu d'une forteresse de Morgoth) ?
  2. Pourquoi l'appellent-ils Adar, le Sindarin pour « père » (Quenya : atar) ?

Parce que de deux choses l'une : soit Adar déteste son origine elfique et veut que l'on nomme ses enfants en noir parler, auquel cas ils ne devraient pas parler Sindarin. Ou bien Adar est fier de cette origine, et il devrait être nommé d'après un nom proche du Telerin : Atta. Puisque si l'on regarde l'arborescence des langues elfiques, on voit que le Telerin dont dérive directement le Sindarin partage avec le Quenya une descendance commune au quendien primitif. Que ce soit atar (Quenya et primitif), atta (Telerin), c'est différent du adar Sindarin qui provient du Noldorin.

Donc pourquoi Adar fait-il parler ses orques en Sindarin ? Ça n'avait pas beaucoup de sens, et maintenant que l'on sait qui il est, ça en a encore moins ! Voyez, juste sur un « détail » (la linguistique d'un univers de fiction), cet épisode m'a fait péter un câble, alors imaginez sur le reste.


Cette semaine, Adar a nommé les Terres du Sud… Mordor. Encore une fois, un terme Sindarin :

  • Mor- : noir, noirceur
  • Dor : terre, contrée

Ça ne peut être du Quenya puisque ce serait Mor-ndor voire Mor-nor, en accord avec l'elfique primitif ndore. Encore une fois, il n'a aucune raison d'utiliser de l'elfique « moderne » alors qu'il a été enlevé, torturé et est resté prisonnier de Melkor puis de Sauron depuis des millénaires bien avant qu'une telle langue puisse se développer. Exactement comme si l'on trouvait par miracle un rescapé de Pompéi, il n'y a aucune raison qu'il se mette à parler italien.

Toute l'étymologie de Tolkien montre que ce devrait être Morndor, et qu'un tel nom Mordor ne provient que d'un elfique tardif. Ils ont engagé une équipe travaillant avec la Tolkien Estate, ayant accès à du matériel qui n'a jamais été publié.

Et pourtant un elfe sylvestre comme Arondir parle en Quenya, une langue qui a été « bannie » des millénaires auparavant en Terre du Milieu. Une langue que Galadriel ou Gil-Galad peuvent encore se souvenir puisque parlée dans leur jeunesse, mais qu'ils n'utilisent plus qu'occasionnellement. Arondir, en tant qu'elfe sylvestre, n'a jamais entendu quiconque parler cette langue, et pourtant la parle sans difficulté.

Les Noldor comme Galadriel ont une plus grande capacité linguistique. C'est pour cela qu'après leur exil, se trouvant face à l'incompréhension des Sindar, ils ont adopté leur langue pour un usage quotidien. Ce qui signifie aussi que les autres n'ont pas appris le Quenya. Pas qu'ils en soient incapables, juste… c'est comme si trente français s'installaient en Écosse, les écossais vont pas apprendre le français, et n'en ont aucune utilité à partir du moment où les français décident d'utiliser l'anglais.

Alors que de l'autre côté, Adar qui est bien plus vieux que Galadriel ou Gil-Galad (qui sont plus ou moins cousins je rappelle), parle Sindarin, une langue relativement neuve pour lui, qui n'est répandue que depuis à peu près un à deux millénaires. Alors qu'il n'a aucun besoin de parler Sindarin, vu qu'il est entouré d'orques, qu'il parle déjà le noir-parler avec eux, et qu'il n'a aucun interlocuteur elfe. Même avec Sauron il pouvait parler un tas d'autres langues que le Sindarin. Et vous savez le pire ? Dans l'épisode 4, il parle à Arondir, un elfe sylvestre dont la langue natale est le Sindarin… EN QUENYA.

Ça n'a juste aucun putain de sens.

S'il sait parler Quenya (une langue qui est certes proche de sa langue natale, mais qui était parlée par des elfes qui sont partis à Valinor, donc même pas ses ancêtres, et qu'il n'a jamais pu entendre de sa vie), POURQUOI il parle en Sindarin ? Si c'est lui qui apprend l'elfique à ses orques, POURQUOI il leur apprend le Sindarin alors que TOUS LES ELFES DE LA SÉRIE SE PARLENT ENTRE EUX EN QUENYA UNE LANGUE MORTE ?

Ça n'a aucun sens stratégique (les orques ayant appris le Sindarin ne peuvent pas comprendre les elfes qu'ils combattent si ceux-ci parlent en Quenya).

Ça n'a aucun sens, point. Vous savez les deux seuls moments où les elfes parlent Sindarin ?

  1. Quand Elrond écrit le discours, épisode 1, c'est écrit en Sindarin (bien qu'il parle Quenya ensuite et que le discours est cérémoniel pour Gil-Galad s'adressant à des Noldor donc comprenant le Quenya)
  2. Quand Galadriel demande à son cheval d'aller vite (alors que le cheval n'a aucune raison de comprendre et qu'elle a parlé Quenya à Arondir trente secondes avant et n'a donc aucune raison de parler Sindarin hormis pour faire une référence à Glorfindel/Arwen).

Ces deux moments posent des problèmes de cohérence. Et pire : ils montrent que les orques parlent PLUS SOUVENT SINDARIN QUE LES ELFES EUX-MÊMES. Ça n'a strictement aucun sens.

Le fait qu'une équipe appointée par la Tolkien Estate, donc a priori en accord avec les volontés de Tolkien, détruise la cohérence linguistique d'un monde CRÉÉ POUR SES LANGUES me surpasse. Je trouve ça hallucinant.

Ah, j'ai reçu un argument pour l'Adunaïque : le fait que Pharazôn soit le seul nom en Adunaïque serait là pour nous montrer par avance la décadence de Numenor, puisqu'il déteste les elfes plus que quiconque à Numenor.

Ok. Alors pourquoi il a appelé son fils Kemen ? Ça veut dire « terre », comme dans « la terre est mouillée ».

Ce qui est sans doute un clin d'œil à la phrase « the sea is always right » et au fait qu'il passe son temps à draguer Earien, « fille de la mer ». Reste que c'est un nom elfique, pas Adunaïque. Donc qu'il n'a rien à faire là si tout le propos du truc était de montrer à quel point Pharazôn est méchant.


Cette semaine, Sauron utilise le nom Morgoth, "Noir Ennemi".

OK. Mais les servantes de Sauron l'appellent Sauron, un terme Quenya pour « Abhorré, détesté » avec des étymologies comme « cruel, putride, sentant le mal ». Ce qui va à l'encontre de tout ce qui est dit par Sauron cet épisode, et par Adar il y a deux épisodes : Sauron voudrait faire le bien, guérir la Terre du Milieu. L'appeler ainsi est donc une incohérence INTERNE à la série (qui ne se retrouve pas chez Tolkien). L'appeler ainsi par des serviteurs de Sauron, j'entends. (Et par littéralement des féminazguls ça fait tâche)

C'est juste hallucinant combien ils n'en ont rien à foutre de Tolkien, et je ne parle ici que d'un point de vue linguistique. Le reste du lore est bafoué, avec parfois des moments où ils pissent presque littéralement sur la tombe de Tolkien et de sa femme. Parce que faire se rencontrer Galadriel et Celeborn de la même manière que Luthien et Beren… Comment dire que c'est comment Tolkien a connu sa femme ? Qu'il l'a tellement aimé qu'il en a fait une elfe, lui un pauvre humain ? Que lorsqu'elle est morte, le nom Luthien a été inscrit sur sa pierre tombale, avant qu'il ne la rejoigne sous le nom de Beren ?

Pierre tombale d'Edith Mary Tolkien (Luthien) et de John Ronald Reuel Tolkien (Beren)

Je l'ai amplement montré, rien que du point de vue linguistique ils ont craché sur sa tombe. Du point de vue du lore, ils ont craché sur sa tombe. Et du point de vue d'un dialogue ils ont vraiment craché sur sa tombe. C'est hallucinant. Je n'ai juste pas les mots. Aucun respect.

Note

T'as une série policière sur la 3 qui se passe à Blois, c'est assez drôle j'ai passé deux ans de cours dans leur « commissariat » à fumer des clopes penché sur leurs balustrades… y a maintenant dix ans. Le temps passe vite, mais les locaux n'ont pas changé.

Par contre le coup du Vieux Pont où il n'y a qu'une seule voiture qui passe dessus, je sais pas dans quel monde c'est crédible. Et puis la maison troglodyte, j'ai beau être de la région j'en ai jamais vu aussi proche de Blois : c'est plus en Touraine que dans le Loir-et-Cher ce genre de choses.

Dommage que @Nervia_Nocline soit en quarantaine, j'imagine bien sa tête en regardant ça.

Note - Le Hollandais Volant

« Tout le monde sait que les complotistes sont logiques et ne s’accrochent pas à leurs idées. Tellement d’ailleurs que ça fait 450 ans qu’il existe des platistes alors qu’on a prouvé que la Terre est ronde, 200 ans qu’il existe des créationnistes alors qu’on a montré l’évolution et qu’il y a des climato-sceptiques alors qu’on connaît le lien entre CO2 et effet de serre depuis plus de 100 ans. »

Du tout bon @lehollandaisv (à un détail près : ça fait depuis au moins Aristote qu'on sait que la Terre est ronde, c'est dire la persistance du truc). Ces gens sont aussi butés que des pontes de l'Église, tout en refusant ce que ces mêmes pontes admettaient et défendaient il y a 400 ans. C'est ça que je trouve « amusant » :)