Note: Star Trek Picard

Le Château Picard est censé se trouver à La Barre, en Bourgogne (en témoigne la première saison et le fait que, dans la deuxième, les bouteilles de vin sont étiquetées « Bordeaux »). Pourtant, dans le quatrième épisode de la deuxième saison, Picard dit : « Durant la Seconde Guerre Mondiale, quand les Nazis occupaient la France, cette maison leur servait de base opérationnelle. Mes ancêtres ont survécu en se cachant dans les tunnels, en bas. »

Alors, est-ce que les américains n'ont toujours pas compris les subtilités de l'Histoire de la Seconde Guerre Mondiale ? On peut lever le problème avec une autre subtilité décrite par Christophe Lucand dans Le Vin et la Guerre, Paris, Armand Colin, 2017 : les nazis ont envoyé en Bourgogne des délégués pour faire main basse sur les caves, et acheter du vin avec l'argent que versait la France à l'Allemagne. Ce n'est certes pas une invasion militaire nazie, mais ça peut suffire à jouer sur l’ambiguïté.

Target 20 System

Target20 est un système hybride de CA descendante et de THAC0 converti en BAB (où il est équivalent au niveau de l'aventurier). L'objectif est de faire 20 ou plus avec cette formule :

1d20 + niveau + modificateurs + CA

Ainsi, un guerrier niveau 1 contre une momie (CA 3) devra effectuer l'opération 1d20 + 1 + 3, ce qui correspondrait très exactement aux mêmes chances qu'avec une CA ascendante (assuré de toucher sur 16+), le THAC0 et les matrices de combat en moins. Pour les monstres, on utilise le Dé de Vie (DV ou HD en anglais), arrondi au supérieur. En regardant le tableau 54 p. 88 du Manuel des Joueurs de AD&D 2e, on constate qu'il faut en plus appliquer un pro-rata au niveau pour s'approcher du THAC0 :

  • Guerrier : niveau
  • Voleur : niveau ÷ 2 (progression 1/2)
  • Prêtre : niveau × 2/3 (progression 2/3)
  • Magicien : niveau × 1/3 (progression 1/3)

Le problème, c'est que ça complexifie le calcul, et que ça ne fonctionne que pour AD&D 2e. Pour BD&D et inférieur, ça s'écarte du chemin assez rapidement (puisque la place étant limitée à l'époque, il a été décidé de regrouper les progressions par 3 niveaux dès le premier brouillon de OD&D). Alors, pour garder l'esprit, il suffit de convertir le THAC0 en BAB, la formule devient ainsi :

1d20 + BAB + modificateurs + CA

Le seul avantage qu'il puisse y avoir à cela est de seulement supprimer le THAC0 et les matrices sans toucher à la CA. Les maths sont les mêmes. Étant donné la relative aisance de conversion des CA descendantes en ascendantes, l'intérêt est donc minime, d'autant qu'à moins de s'amuser à faire les calculs de pro-rata à chaque lancé, on est bien forcé de garder une case sur la fiche de perso. Que cette case soit le THAC0 ou le BAB, cela ne change pas grand chose, et ça l'auteur même du Target20 ne semble pas le comprendre, ébloui qu'il est par sa création… (cf. https://deltasdnd.blogspot.com/2009/07/what-is-best-combat-algorithm.html et https://deltasdnd.blogspot.com/2018/02/target-20-system-accuracy.html)

D'autant que, quitte à garder une case sur la fiche de perso et à donner la CA aux joueurs lors des attaques, l'algorithme suivant est plus clair, rapide, et ne demande aucune conversion par rapport aux règles :

1d20 + modificateurs + CA >= THAC0

Ce qui est très exactement la formule de base d'AD&D (et aisément retrouvable à partir des matrices de combat des éditions antérieures), qui assumait le principe de ne pas donner la CA aux joueurs, le calcul se faisant par le MJ (1d20 + modificateurs >= THAC0 - CA).


Note annexe : faudra un jour m'expliquer l'intérêt des systèmes à d100. « Mais c'est plus simple de faire des pourcentages. » Le d20 est déjà un pourcentage, par paliers de 5 %. D'ailleurs, il était historiquement appelé percentile dice par les wargamers, plus simple à utiliser que de tirer deux cartes à jouer. C'est comme ça qu'il a été pensé par Gary Gigax : à chaque niveau, un guerrier gagne 5 % de chances de toucher supplémentaire, ce qui est amplement suffisant.

Note

Quand on a reçu une fibre avec un répétiteur, au début il n'y avait pas de problème. Puis, au bout d'une semaine ou deux, j'ai commencé à avoir une instabilité du wifi, qui se déconnectait toutes les 30 secondes. Comme ça ne le faisait qu'à moi, et uniquement sur le PC sous Linux, j'ai suspecté un problème de pilotes. J'ai tout essayé, jusqu'à comprendre que si je changeais les canaux du wifi, je n'avais plus de problème.

Puis est venu le moment où le répétiteur n'arrivait plus à se connecter à la box, même à moins d'un mètre. Comme les deux évènements se sont produits à un bon mois d’intervalle, j'ai pas cherché à comprendre. Jusqu'à samedi dernier où j'ai simplement remis les canaux wifi en automatique : le répétiteur s'allume, fait une mise à jour, et se connecte sans problème.

Ok. Mais du coup… Mon PC Linux se déconnectait à tout rompre. J'ai passé des heures à chercher une solution tout en écoutant du Moondog. Je m'en vais dormir en laissant un dmesg -w tourner… et le lendemain, je vois que rien n'a bougé. Pas de coupure. Étrange. Je prends mon café, allume mon casque, lance l'album de Moondog… et ça se met à grésiller un coup juste avant que la connexion wifi ne se coupe.

Ah ah ! Je te tiens, sacripan ! Mon bluetooth se trouve sur la même carte que le wifi, alors je teste en branchant un dongle : quand le casque se connecte au dongle, plus aucun problème. Le bluetooth doit empiéter sur le canal par défaut de la box. Ok, donc j'ai juste à acheter une carte wifi deux bandes, ça devrait plus poser de problèmes à l'avenir, et puis ça coûte vingt balles…

Je reçois la nouvelle carte, l'installe, allume le PC et…

1802: Unauthorized network card is plugged in – Power off and remove the card

FUCK. C'est un Thinkpad, et Lenovo a placé une whitelist. Je suis bon à patcher l'UEFI, en croisant les doigts pour pas détruire mon PC dans la manœuvre. Je commence à démonter, et mince ! je ne vois pas où se trouve la puce. Eh bien vous saurez que sur un Thinkpad T540p, la puce SPI2 à flasher se trouve à côté du port de la carte sim… une fois qu'on l'a entièrement démonté.

Ou comment perdre un après-midi à bidouiller. Pour info, la nouvelle carte est une Intel AX200NGW et la suppression de la whitelist s'est très bien passée. Le bébé se porte bien, j'écris tout ça en écoutant le dernier des Who, aucun problème de wifi 🤞 Plus qu'à écrire un petit article décrivant la procédure, histoire que ma mésaventure serve à quelqu'un…

Note: Match des intelligences, retour

Et à ce petit jeu, Raphaël Enthoven l'a emporté haut la main. D'après notre journaliste Paul Larrouturou, qui a suivi l'événement pour LCI (à retrouver ce jeudi à 11h sur le canal 26), le philosophe a mis 1 heure 30 pour disserter et rendre une copie parfaite : 20 sur 20. Le robot, lui, n'a eu besoin que d'une minute et 30 secondes pour terminer son rendu. Mais le résultat - honorable - est deux fois moins bon : 11 sur 20.

Donc tous les medias sont là à dire qu'un philosophe est plus intelligent que ChatGPT. Aucun pour remarquer que :

  1. Il y a aucun honneur à battre un premier jet brut de ChatGPT, qui comme je l'ai déjà dit, demande à être raffiné. Apparemment ils ont juste entré le sujet et roule ! C'est pas un match digne de ceux que l'on a connus, où l'IA a été spécifiquement entrainée à jouer aux échecs ou au go. Là c'est un modèle de langage générique, il n'y a donc pas à fanfaronner.
  2. Avec 11/20 juste en entrant le sujet, sans entraînement spécifique ni travail derrière, ChatGPT peut avoir son bac de philo. Il y a une sérieuse question à se poser sur cette épreuve, et notamment sur le mode de la dissertation comme privilégiant le baratin. Et c'est un philosophe ayant un cursus similaire à Enthoven qui vous le dit.

Note: Voire!

Pendant des années, j'ai cherché dans quel livre j'avais appris l'orthographe et la signification de ce mot : voire. Je me souvenais que je n'étais pas encore entré au collège, qu'il s'agissait du premier mot de la préface d'un roman se déroulant durant la Guerre de Cent Ans puisque cette préface traitait du rapport de rois d'Angleterre et de France, et du Prince Noir. Un vieux livre, au format de la Bibliothèque Verte de Hachette, avec un dessin en couverture comme cette collection savait en produire… Cette préface en particulier, je l'avais lue sur les marches de l'escalier du domicile de mes grands-parents. J'ai d'abord cru à La Flèche noire de Stevenson, mais ça se passe durant la Guerre des Deux Roses, et cette préface n'y est pas.

Et je ne sais pourquoi, aujourd'hui, l'idée de « fronde », l'arme, est revenue. À partir de là, il ne fut pas difficile de retrouver :

« VOIRE ! »

Un mot, un mot seul, fut peut-être à l’origine de cette guerre dite de Cent Ans ; guerre qui, en réalité, dura près de cent quinze ans… Une guerre qui opposa aux XIVe et XVe siècles deux des plus grandes nations du monde chrétien : la France et l’Angleterre ; une guerre où s’illustrèrent tant de vaillants capitaines dont Bertrand du Guesclin, connétable de France, et Jean Chandos, connétable de Gascogne ; une guerre enfin où dominant la violence et la mort brille l’auréole de Jeanne d’Arc…

« Voire ! »

Ce mot signifie en vérité ou vraiment… C’est par lui que les vassaux acceptaient de se soumettre à leur suzerain, que les ducs et les princes reconnaissaient l’autorité du roi. C’est ce mot qu’on réclama au roi d’Angleterre Édouard III pour que soit bien établie la suprématie du roi de France, Philippe VI de Valois…

Comment cela était-il possible ? Pourquoi un roi devait-il rendre hommage à un autre roi ? Simplement parce que Édouard d’Angleterre possédait des terres en France. Il était duc de Guyenne. Le roi Philippe menaça de saisir les possessions anglaises si Édouard refusait de s’humilier devant lui.

« Voire ! dit Édouard, cédant enfin.

— Voire… », répondit Philippe.

Mais l’Anglais quitta la cathédrale d’Amiens la rage au cœur, blessé dans son orgueil, résolu à se venger. La mère du roi Édouard se nommait Isabelle. Elle était fille du roi Philippe IV le Bel. Et Édouard prétendit à la couronne de France quand le dernier fils de Philippe IV s’éteignit sans héritier mâle. Évincé par Philippe de Valois, obligé de s’abaisser devant son rival, Édouard jura de s’emparer du royaume de France, les armes à la main… […]

C'est la préface de Thierry la fronde: Les Chevaliers de Sologne, de Jean-Claude Deret, paru en 1966 chez Hachette. J'avais tout, en réalité : sans doute un bouquin trouvé chez mes grands-parents de Sologne, faisant suite à la série télévisée des années 1960 qui avait dû leur faire grande impression puisque tournée près de chez eux.

Voilà. Chaque fois que je vous lis écrire « voir », sans le e, je repense à cette préface qui m'avait marqué, gamin de dix-onze ans que j'étais.