Vous ne savez pas pourquoi vous jouez vraiment (et je vais vous le prouver) - YouTube
Vidéo très cool en vrai. J'avais déjà pas mal réfléchi et discuté sur le sujet, mais là en plus il y a des sources donc 💚
Le côté juste des FromSoft, où l'échec est notre entière responsabilité, c'est ce que j'expliquais à une amie portée sur le stoïcisme. Un Souls, c'est surmonter l'adversité en ne s'inquiétant pas de ce qui ne dépend pas de soi, en se concentrant précisément sur ce qu'on peut faire, et ça rentre parfaitement dans la pensée stoïcienne. Dans un monde où l'impuissance individuelle est érigée en norme (Laborit, Arendt, Barbara Stiegler, Naomi Klein, et j'en passe énormément), où la dépression et autres maladies/handicaps guettent à tous les coins de rues, avoir le contrôle pour surmonter un obstacle qui paraît indépassable, c'est une réelle bouffée d'air.
Mon jeu cozy qui n'en a pas l'esthétique, c'est Thief 2 qui a des milliers de cartes faites par la communauté, et que je joue en perfect shadow. Je ne tue personne, je ne casse rien, en fait je passe ma game à ne pas être repéré pour récupérer toutes les richesses possibles : le lendemain, les gardes s'apercevront du vol, mais j'aurais été un fantôme, un courant d'air. Jouer à mon rythme, attendre patiemment les opportunités, élaborer des plans pour résoudre le puzzle des rondes de certains gardes puis les mettre à exécution quand je l'ai décidé… La série Dishonored reprend les mêmes bases, tout en jouant sur le côté assassin (où, si l'on en a envie, on peut être une divinité du carnage, c'est cet aspect que l'on voit le plus sur Youtube). On a les trois piliers du cozy.
Quant au jeu stressant qui m'apaise, je dirais Doom, le classique des années 90 pas mal moddé et sur des wads de la communauté. Pas pour le côté cathartique, mais pour le côté flow. C'est un très bon représentant de ces jeux qui font entrer « dans la zone » pour reprendre un anglicisme, ce moment où les actions s'enchaînent parfaitement, où l'on joue presque d'instinct avec des décisions en une fraction de seconde. Doom Eternal est une excellente introduction à cette transe par l'agressivité, et je dirais qu'il éduque ses joueurs sans en avoir l'air pour les amener à cet état que l'on retrouve dans beaucoup de doom-likes. Eternal est la manière la plus agressive et brute d'y parvenir, et ça devient vite une séance de sport où l'on finit en sueur. Tu finis Eternal tu as l'impression d'être une divinité rivalisant avec les meilleurs joueurs de Call of parce que toi le 360 no-scope tu l'as appris à la dure et ça te sert de mise en bouche avant des actions plus complexes encore. L'un de mes meilleurs souvenirs de FPS, c'était dans Crysis 2 où, complètement absorbé dans le jeu, aux portes de la mort face à un ennemi tanky faisant deux fois ma taille que je combattais depuis plusieurs minutes, je le contourne en glissant pour me retourner en lui envoyant la grenade qui l'achève. La sensation de n'avoir fait qu'un avec son avatar et d'avoir été un fucking héros en prenant une décision rapide et en contrôlant parfaitement le personnage, c'est assez jouissif, et c'est cette transe-là qu'Eternal cherche à te faire atteindre. Un Doom plus classique, on peut éteindre son cerveau, atteindre le flow au rythme de la musique, voire même chill en vocal avec des potes.
Après, ça ne m'empêche pas d'apprécier du cozy Stardew Valley, Minecraft tranquille ou Tiny Glade (on peut difficilement faire plus cozy). Le jeu qui me fait envie en ce moment c'est ReStory: Chill Electronics Repairs où l'on nettoie et répare des objets électroniques, ce que je fais depuis ma prime jeunesse et où j'y ai toujours trouvé une forme de calme.
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