Sherlock & Daughter

Sherlock & Daughter, contrairement à Young Sherlock, se veut beaucoup plus modeste. C'est pas la même production, on peut même voir quelques lieux réutilisés d'une scène à l'autre en maquillant comme si ce n'étaient pas les mêmes lieux de tournage…

Mais faut avouer qu'en restant humble, la série sait se débrouiller. Les rares effets de style sont liés au fait que la fille du titre est une dessinatrice, et il est dommage que ça se perde à mesure que l'on progresse dans la série.

Pour l'acting, on a David « Remus Lupin » Thewlis dans le rôle d'un Sherlock un poil âgé et c'est une bonne performance qui en éclipse pas mal ces dernières décennies, rappelant par certains côtés un Jeremy Brett très proche des livres.

L'histoire part un peu sur du complot international sur la fin, et il y a aussi Moriarty mais ici utilisé à bon escient. Pas de Lestrade, Mycroft ou que sais-je, et l'histoire pourrait, par sa modestie même, être un roman tardif de Doyle tant de nombreux aspects sont respectés.

Donc l'un dans l'autre, j'ai vraiment préféré Sherlock & Daughter à Young Sherlock.

Young Sherlock

Young Sherlock, troisième série occidentale sur Sherlock Holmes depuis Elementary (je ne compte pas Les Irréguliers de Baker Street de Netflix qui n'a eu qu'une saison et dont le seul intérêt était d'avoir un Lestrade qui est physiquement approchant de sa description dans les bouquins) après Watson le contemporain qui singe un House sans conviction (mais eh j'attends de finir la saison 2, peut-être que Robert Carlyle en Sherlock ça peut sauver la série, j'y crois pas mais voyons) et Sherlock & Daughter que je n'ai pas vu.

Là, y a Guy Ritchie à la réal, celui qui a fait les deux films Sherlock avec Robert « Tony Stark » Downey Jr. Donc, même si ça n'est pas sa meilleure réal, ça sait filmer des scènes d'action de manière un poil correcte, et ça change. Dans le premier épisode, il y a même un élément de mise en scène qui jure par son timing avec le reste, ça peut faire tiquer n'importe qui d'attentif à ce genre de choses, et il se trouve que deux minutes plus tard ça sert le récit. Ça j'aime bien.

Par contre… Elementary et House étaient de bonnes séries Sherlock parce qu'elles jouaient autour de la mythologie de Sherlock Holmes. Oui, dans Elementary il y avait Moriarty et Lestrade, mais les deux n'étaient présents que dans à tout casser 4 épisodes chacun. Les deux séries n'utilisaient des noms connus que comme tapisserie (Elementary en a même utilisé pas mal pour déjouer les attentes ou faire des jeux de mots). Là, premier épisode de Young Sherlock il est pote avec Moriarty et on passe cinq minutes sur le fait que le policier qui vient d'arriver est un jeune homme à peine gradé du nom de Lestrade… Un Mycroft je veux bien (même s'il doit apparaître genre 2 fois dans tout Conan Doyle et qu'on te le mets à toutes les sauces depuis), mais Moriarty qui n'est utilisé qu'une fois par Conan Doyle en sortant d'on ne sait où, ou bien Lestrade qui n'est qu'un des multiples policiers qui vient demander conseil, ça vient vraiment comme un cheveu sur la soupe dans une série censée se dérouler dans la jeunesse de Sherlock.

C'est comme la phrase « the game is afoot » qu'on nous ressert à chaque fois alors qu'elle est de Shakespeare à la base et que Conan Doyle ne l'a utilisée qu'une unique fois dans Le Manoir de l'Abbaye. Ouais, c'était au début de la nouvelle donc je peux comprendre que ceux qui ne lisent pas l'aie gardée en tête, mais ça me casse royalement les bonbons de la voir rentrée au forceps dans chacune des adaptations (ici, en fin d'épisode 2).

Ah et c'est la troisième sœur de Sherlock qu'on sort d'un chapeau (il n'a qu'un frère aîné dans le canon), je sais pas ce qu'ont les auteurs modernes avec cette lubie… D'autant que le twist final la concernant est d'un convenu, d'une évidence même…

L'utilisation de musiques contemporaines (à nous, pas au récit) fait bizarre par moments, impression d'autant plus renforcée avec du Jacques Dutronc ou Jacqueline Taïeb dans les scènes à Paris.

Parce que oui, c'est encore un Sherlock Holmes qui est en fait un James Bond du XIXe siècle à déjouer des complots internationaux en allant faire le tour du globe…

Donc voilà, l'acting est pas trop mal, la réal fonctionne, juste l'histoire est aux fraises complètement et ça casse presque tout.

A Knight of the Seven Kingdoms

A Knight of the Seven Kingdoms, encore une série dans l'univers de Game of Thrones, mais entre cette dernière et House of the Dragon. Paraît que ça se passe mal sur House of the Dragon, donc George R. R. Martin est parti faire sa série à côté.

Bah écoutez, ça n'a pas la prétention des deux premières séries, ce ne sont que 6 épisodes de 30 à 40 minutes donc ça fait vraiment mini-série concentrée sur un événement et ça se regarde plutôt bien. On retourne sur ce qui faisait la force des bouquins de Martin : une fantasy réaliste et presque picaresque (ça l'est moins dans le Trône de Fer où on a affaire à des intrigues politiques shakespeariennes, mais ici c'est un chevalier errant tout ce qu'il y a de plus boueux). Y a une pointe d'humour et même un bout de jazz contemporain, et vu le thème et le lieu de cette série ça rappelle un peu le film Chevalier, sur un autre registre.

État des lieux des violences politiques de la France contemporaine - Revue Politique et Parlementaire

Je résume pour les personnes qui auraient du mal avec les études sociologiques :

Entre 1986 et 2020, on recense 418 victimes de violences politiques en France, la plupart étant dues aux attentats islamistes (~70 % soit ~290), puis les indépendantistes (corses, basques, etc. à 17 % soit 71, des règlements de compte principalement), et enfin les idéologiques (gauche/droite, 13 % soit 53). Sur cette dernière catégorie la droite représente 90 % des meurtres politiques soit environ 48 victimes, ce qui laisse environ 5 victimes à la gauche depuis 40 ans. La gauche utilise la violence principalement pour dégrader des biens de partis, d'entreprises ou de banques. Il y a eu 6 attentats de droite déjoués entre 2017 et 2020 seulement, soit 2 par an en moyenne.

Watson

Je teste la série Watson. Quand Dr House s'est fini en mai 2012, j'ai cherché des séries « procédurales », et j'ai pas eu à attendre bien longtemps pour voir en léger-différé le premier épisode de Elementary en septembre 2012, une série de CBS. Depuis la fin de Elementary, j'ai pas retrouvé de bon procédural à la hauteur. J'avais bien essayé Limitless qui était proprement géniale sur certains points, mais elle n'a pas dépassé la première saison… Harrow avait le mérite d'avoir des accents australiens à couper au couteau, mais elle n'aura fait que trois saisons… Houdini and Doyle avait un intérêt et un certain charme mais ne survivra pas aux 10 premiers épisodes (alors que t'avais Dirk Gently celui de la série anglaise et le détective privé de Dr House dedans, ce qui n'avait rien d'étonnant vu que la série était produite par le créateur de Dr House et créée par un de ses potes)… Donc quand j'ai découvert par hasard qu'il y avait une série CBS Watson, il fallait bien que je regarde ça ce que ça vaut et…

… et pas grand chose en fait. J'ai aucune formation médicale, j'ai juste vu Dr House comme tout le monde et les deux premiers épisodes j'ai deviné les problèmes. Notamment l'épisode 2 c'est un presque un copié-collé d'un épisode d'Elementary. Je peux pas parler de plagiat, vu que le showrunner de Watson a bossé sur Elementary, donc bon.

L'histoire, c'est qu'après les Chutes de Reichenbach où Sherlock « meurt » (les guillemets sont importants vu qu'il n'y meurt pas donc on peut s'attendre à la voir réapparaître en fin de série comme par magie, d'ailleurs Moriarty n'est pas mort non plus, on le voit très clairement à la fin du premier épisode), Watson hérite de Holmes et ouvre une clinique en son nom, avec une équipe de jeunes médecins qu'il supervise sur des cas bizarres, et administrée par son ex-femme Mary et… J'ai besoin d'en ajouter ou vous voyez où se trouve l'influence de Dr House ?

Et c'est moins bien fichu. La musique m'a fait penser à du sous-Limitless… et c'est pas un hasard vu que c'est le même compositeur, vu que le showrunner de Limitless et de Watson est le même… Sauf qu'on retrouve pas tout ce qui rendait Limitless intéressant (en termes de montage, d'interaction des personnages, de dynamisme général et du même intérêt que portait Limitless comme Elementary pour des cas étranges mais pas éloignés de la réalité). C'est lisse, et c'est même plus lisse que la première saison d'Elementary, c'est un gloubi-boulga lissé de Dr House et d'Elementary sur de la musique de Limitless.

D'autant que j'attends qu'on m'explique pourquoi ça se passe à Pittsburgh, USA, et que Watson continue de faire appel à Scotland Yard, UK, qui semble toujours avoir une connexion « le copain d'un copain » pour tirer des ficelles. J'veux dire, Watson a passé plusieurs années à Londres avec Sherlock à Baker Street, le tout sans expliquer pourquoi alors que dans cette série Watson est américain et en procédure de divorce avec Mary, une américain chirurgienne à la tête d'un hôpital américain qui l'aurait attendu plusieurs années durant lesquelles il aurait résolu des crimes… L'histoire même n'a aucun sens, on sent que tout est fait pour justifier de tourner à Vancouver comme toutes les séries américaines…

(En saison 2 il semble que ce soit Robert Carlyle qui prenne le rôle de Sherlock Holmes, vous savez Begbie de Trainspotting ou Rush dans Stargate Universe, c'est rigolo c'est le troisième du cast de Trainspotting à incarner Sherlock, sachant que le premier c'était aussi pour CBS avec Elementary…)