Note: Avengers Endgame

Je regarde Endgame. Y a un truc que je pige pas. Spoilers obviously. Thanos a viré la moitié des gens pour sauver l'univers d'un désastre écologique. Même Captain dit qu'il voit des baleines dans l'Hudson, que l'eau est plus saine. Donc Thanos a sauvé l'univers du désastre. Tout le monde est d'accord avec ça. C'est objectivement quantifiable et le film en est pleinement conscient. Pourtant, l'objectif du film c'est de défaire tout ce qu'a fait Thanos sans s'occuper une seule seconde de ce désastre écologique.

Genre, c'est très exactement comme si mettons José Bové tuait la moitié de la planète pour la sauver du réchauffement climatique. Que tout le film consistait à ramener tout le monde, et à faire la fête en mode fuck la planète on s'en fout du réchauffement climatique. Et, je le répète, le film est CONSCIENT de ça, sinon la remarque sur les baleines de Steve ne serait pas présente. Mais à aucun moment il ne se dit "tiens et on va leur mettre le nez dans la merde". Non. Le plus gros film de l'année est une fête en faveur du désastre écolo.

Fabrice Arfi (@fabricearfi): "Discours admirable, vraiment, d’Emmanuel Macron sur le harcèlement. S’il pouvait se dire une minute, une seule minute…" / Twitter

Exactement ce que j'ai pensé, pour les couches les plus pauvres de la population. S'il pouvait prendre une minute pour comprendre qu'il est complice de harcèlement de chômeurs, d'étudiants, de précaires sociaux… Et avant qu'on ne me sorte le discours habituel sur les assistés, j'entends la pauvreté de la même manière qu'Amartya Sen, comme la situation où l'on est dépourvu de capabilités, de capacités réelles d'agir et de se projeter.

Note

J'adore ma directrice de mémoire. Par contre quand elle m'écrivait « je sais pas si le livre dont je vous donne la référence se trouve encore », j'avoue que je ne m'attendais pas à ce que la BU n'ait même pas une notice POUR L'AUTEUR DU BOUQUIN.

Bon, sur trois auteurs, on en a un seul référencé ici. Ça part mal. Si je dois compter sur Amazon, j'en ai pour 85 balles en trois bouquins, dont deux électroniques… Ça va être fun de regarder le prêt inter-universitaire patauger, quand je vois que même Bordeaux ne les a pas…


Victoire ! Il y en a un dispo en lecture en ligne à l'université de @Nervia_Nocline, j'ai plus qu'à lui faire les yeux doux \o/

Note

Vous savez, il y a des trucs qui m'énervent. Généralement ce sont de mauvais arguments qui, défiant la logique, semblent acceptés par tous mes contemporains.

Un exemple est celui de l'âge de départ à la retraite. Tous les politiques qui espèrent que l'État fasse main basse sur la Sécu… pardon… qui veulent se goinfrer d'une manne socialisée qui leur échappe… ah, pardonnez-moi j'arrive pas à l'écrire : qui veulent le bien des retraités… Voilà. Donc je disais : tous les politiques qui veulent reculer l'âge de départ à la retraite d'une façon ou d'une autre avancent pour ce faire leur argument massue. L'espérance de vie a augmenté, on vit plus longtemps. Donc il faut cotiser plus, donc il faut partir plus tard à la retraite. CQFD.

Sauf que. Si l'espérance de vie a bien augmenté, l'espérance de vie en bonne santé, lui, est resté sensiblement le même depuis 1982, date à laquelle on a commencé à le calculer. Cette espérance de vie en bonne santé est définie comme le nombre d'années que l'on peut espérer vivre sans incapacité, c'est-à-dire sans être limité dans ses activités quotidiennes par un problème de santé temporaire ou permanent.

Or, et c'est assez « amusant », cet indice stagne aux alentours de 64 ans pour les femmes, 62 ans pour les hommes. Des années c'est un peu plus, des années c'est un peu moins.

Ça signifie deux choses.

La première, c'est que repousser un âge de départ après 62-64 ans c'est continuer à faire travailler des personnes qui ne peuvent physiquement plus le faire, avec les soucis que ça engendre (accidents du travail, erreurs humaines, coûts, etc.).

La seconde, c'est que même si l'on repousse ce départ à la retraite, les dépenses de retraite de la Sécu iraient de toute manière couvrir d'autres dépenses : celles de la santé. Les séniors vont pas magiquement arrêter de devenir sourds, aveugles, boiteux, tremblotants, faire des infarctus ou débuter un Alzheimer juste parce qu'on a augmenté l'âge de départ. Je prends les pire cas, mais vous saisissez l'idée.

Voilà pourquoi cet argument m'exaspère. Au moins en 2010 le gouvernement en avait un autre, qu'on a pourtant pas vu beaucoup passer : avec l'augmentation du chômage, il y a moins de cotisations. Cet argument-là a au moins le mérite de pointer une solution évidente : réduire le chômage permettrait de pallier à cette espérance de vie améliorée.

Pour la petite histoire, un mois après que le Conseil d'orientation des retraites fasse son rapport en 2010, le ministre du Travail expliquait qu'il fallait augmenter la durée de cotisation, donc repousser l'âge de départ en retraite. C'est vous dire comme les gouvernements savent à quel point réduire le chômage est mission impossible. Donc quand Pénicaud dit avoir foi en sa réforme, il est permis de douter du résultat.