Young Sherlock, troisième série occidentale sur Sherlock Holmes depuis Elementary (je ne compte pas Les Irréguliers de Baker Street de Netflix qui n'a eu qu'une saison et dont le seul intérêt était d'avoir un Lestrade qui est physiquement approchant de sa description dans les bouquins) après Watson le contemporain qui singe un House sans conviction (mais eh j'attends de finir la saison 2, peut-être que Robert Carlyle en Sherlock ça peut sauver la série, j'y crois pas mais voyons) et Sherlock & Daughter que je n'ai pas vu.
Là, y a Guy Ritchie à la réal, celui qui a fait les deux films Sherlock avec Robert « Tony Stark » Downey Jr. Donc, même si ça n'est pas sa meilleure réal, ça sait filmer des scènes d'action de manière un poil correcte, et ça change. Dans le premier épisode, il y a même un élément de mise en scène qui jure par son timing avec le reste, ça peut faire tiquer n'importe qui d'attentif à ce genre de choses, et il se trouve que deux minutes plus tard ça sert le récit. Ça j'aime bien.
Par contre… Elementary et House étaient de bonnes séries Sherlock parce qu'elles jouaient autour de la mythologie de Sherlock Holmes. Oui, dans Elementary il y avait Moriarty et Lestrade, mais les deux n'étaient présents que dans à tout casser 4 épisodes chacun. Les deux séries n'utilisaient des noms connus que comme tapisserie (Elementary en a même utilisé pas mal pour déjouer les attentes ou faire des jeux de mots). Là, premier épisode de Young Sherlock il est pote avec Moriarty et on passe cinq minutes sur le fait que le policier qui vient d'arriver est un jeune homme à peine gradé du nom de Lestrade… Un Mycroft je veux bien (même s'il doit apparaître genre 2 fois dans tout Conan Doyle et qu'on te le mets à toutes les sauces depuis), mais Moriarty qui n'est utilisé qu'une fois par Conan Doyle en sortant d'on ne sait où, ou bien Lestrade qui n'est qu'un des multiples policiers qui vient demander conseil, ça vient vraiment comme un cheveu sur la soupe dans une série censée se dérouler dans la jeunesse de Sherlock.
C'est comme la phrase « the game is afoot » qu'on nous ressert à chaque fois alors qu'elle est de Shakespeare à la base et que Conan Doyle ne l'a utilisée qu'une unique fois dans Le Manoir de l'Abbaye. Ouais, c'était au début de la nouvelle donc je peux comprendre que ceux qui ne lisent pas l'aie gardée en tête, mais ça me casse royalement les bonbons de la voir rentrée au forceps dans chacune des adaptations (ici, en fin d'épisode 2).
Ah et c'est la troisième sœur de Sherlock qu'on sort d'un chapeau (il n'a qu'un frère aîné dans le canon), je sais pas ce qu'ont les auteurs modernes avec cette lubie… D'autant que le twist final la concernant est d'un convenu, d'une évidence même…
L'utilisation de musiques contemporaines (à nous, pas au récit) fait bizarre par moments, impression d'autant plus renforcée avec du Jacques Dutronc ou Jacqueline Taïeb dans les scènes à Paris.
Parce que oui, c'est encore un Sherlock Holmes qui est en fait un James Bond du XIXe siècle à déjouer des complots internationaux en allant faire le tour du globe…
Donc voilà, l'acting est pas trop mal, la réal fonctionne, juste l'histoire est aux fraises complètement et ça casse presque tout.