Note

Alors, Pôle emploi, j'aimerais bien ne pas considérer que vous êtes compétent•es mais… Ou alors c'est une blague vu que c'est un forum des métiers du numérique, c'est ça ?

Sachant que :

  1. Je bosse depuis août, vous le savez
  2. J'ai jamais reçu autant d'offres depuis
  3. Ces offres sont toutes à plus de 200km

Note

Donc, je vais faire un billet ici parce que j'en ai un peu marre de ce pays de merde. Que l'on s'étonne qu'il y ait des gens qui « n'aiment pas la France », c'est joli tout plein. Vachement naïf surtout.

Je passe les détails sur la création d'entreprise où à chaque étape une administration m'a mis des bâtons dans les roues. Par pure incompétence. Notons-le. Ce n'est pas que ces institutions veulent faire le mal, c'est juste qu'elles sont bourrées d'incapables.

Bref. Là, je vais vous parler un peu du RSA et de sa gestion. Passé 25 ans, j'ai attendu six mois avant de faire une demande de RSA. Je savais même pas que j'y avais droit. Car oui, c'est un DROIT, hein. Faut dire, au chômage sans indemnités depuis deux ans, je vivais sur les 100 balles annuels de Noël et de l'anniversaire.

Bref. Je fais ma demande. Déjà je vous raconte pas la tripotée d'incapables que je me suis coltiné. Tiens, en fait si. J'envoie le dossier à la CAF. Il m'est renvoyé au bout de trois semaines, on me dit que je dépends pas d'eux. « Vous êtes au chômage alors vous devez obligatoirement faire votre demande auprès d'une assistante sociale. » Je téléphone à l'assistance sociale du chef-lieu du département. On me dit qu'en fait vu où j'habite faut appeler le Conseil départemental.

J'appelle le Conseil. On me dit qu'en fait vu où j'habite faut appeler l'assistance sociale du chef-lieu du département. J'insiste. Oh bah faut appeler l'assistance sociale d'une petite ville paumée au fond du département. Ok. J'appelle l'assistance sociale de la ville paumée. On me dit qu'en fait vu où j'habite faut appeler l'assistance sociale du chef-lieu du… NON. J'insiste. On me dit qu'en fait faut appeler le Conseil départemental. NON. J'insiste. Ah bah c'est bon en fait, j'ai un rendez-vous.

Notez qu'on est déjà sur un beau merdier administratif, bourré d'incapables qui ne savent même pas qui dépend de quoi.

J'arrive à aller au rdv tant bien que mal. Parce que, fun fact : la ville paumée n'est pas desservie par les bus, ah ah. Donc on demande quand même à la catégorie la plus pauvre de la population de se démerder en milieu rural. J'adore ce pays. Bref. J'ai le rdv, je file le dossier, la dame le remplit sur son ordinateur, c'est transmis à la CAF. Et voilà. Ni plus ni moins. À quoi sert cette opération ? Empêcher les moins motivé·es d'accéder à une aide. Et faire perdre un mois aux autres.

Donc voilà. J'ai le RSA. J'ai obligation d'être à Pôle emploi (où je suis déjà inscrit) et de chercher un job (ce que je fais déjà).

Trois mois plus tard, le Conseil départemental m'envoie une lettre pour me dire que mon dossier est examiné, histoire de vérifier. La flippe. J'ai déjà pas de thunes, si en plus on me demande de rembourser alors que je fais ce qu'il faut, autant en finir maintenant quoi. Finalement c'est bon, mon référent c'est ma conseillère Pôle emploi. Celle que je vois une fois tous les six mois environ, qui ne m'aide pas. Je demande à ma conseillère une aide pour passer le permis, parce que ma mère me tanne avec ça. Non, ils ont plus d'argent. Tant pis. Je garde donc de l'argent de côté avec ce RSA pour espérer passer le permis.

Puis on me change ma conseillère. C'est la troisième en trois ans. Celle-ci je la vois pas pendant 1 an et demi. En fait, c'est moi qui demande à la rencontrer. Parce que malgré avoir cherché du boulot, bah j'en ai pas trouvé. Et que j'ai reçu aucune aide de Pôle emploi durant quatre ans. Mes rdv se sont limités à « Bonjour, vous cherchez toujours ? Et vous trouvez pas ? C'est bizarre. Au revoir. »

Donc voilà. Je voulais reprendre les études là où je les avais arrêtées. Grâce à Noc qui m'a poussé au cul pour ça notamment. J'avais déjà un plan précis, avec des étapes pour y parvenir. J'avais déjà demandé à la CAF, elle ne pourrait pas financer. Je savais par ailleurs que le Conseil départemental ne finançait pas les humanités, qu'il ne payait que des formations style infirmières. Parce que ça, ça a des débouchés, vous comprenez…

Donc mon dernier espoir, c'était Pôle emploi. Je demande donc un rdv. J'y vais, j'explique la situation. La conseillère m'a infantilisé as fuck. Vraiment. « Mais vous savez, il faut se fixer des objectifs, des étapes. » Meuf, mes étapes elles sont fixées, je les connais, je sais comment faire. Tout ce que je veux savoir là, c'est si tu as pas un peu de thunes parce que franchement tenir un an avec juste ma cagnotte RSA… (que j'avais mise de côté pour le permis, à la base, rappelons), bah ça risque d'être difficile, hein. Bah non. Ils ont pas d'argent chez Pôle emploi. C'est à se demander comment ils paient les cartouches d'encre qui leur servent à imprimer les courriers de radiation.

Mais, Ô joie, ma conseillère me dit qu'elle fait transférer mon dossier à une assistante sociale, qui sera plus à même de m'aider. J'attends encore un quelconque contact de cette assistante sociale. Comme quoi, j'ai bien fait de ne pas compter sur ça pour m'en sortir.

Le 30 août je reçois un courrier m'indiquant que mon dossier passait en commission interdisciplinaire pour évaluer ma situation. Le 11 septembre. Faut savoir que mon dossier d'inscription à la fac était envoyé depuis longtemps. Que le 5 septembre j'étais inscrit, contrat signé. Heureusement que j'ai pas attendu, vraiment, parce que sinon c'était mort pour encore un an.

Donc je leur envoie un courrier (pasque bien sûr ils ont pas de mails au service insertion du Conseil départemental, hein). Je leur explique le truc : je suis en formation à Tours, j'ai déménagé, et cerise sur le gâteau j'ai un boulot mi-temps. Réponse reçue aujourd'hui.

Donc. Résumons.

  • Je me suis débrouillé tout seul comme un grand pour trouver une formation, m'y inscrire.
  • J'ai trouvé un boulot pour la financer.
  • J'ai déménagé, et informé tous les services y compris le Conseil départemental de cela.
  • Je n'ai reçu aucune aide, ni du Conseil ni de PE
  • Si j'avais attendu une aide, je me serai sans doute pendu avant d'avoir été en formation (no joke).
  • Et le Conseil comme Pôle emploi savent très bien cela puisque je les ai informé de mon projet suicidaire.

MAIS NON. IL FAUT QU'IELLES ME BRISENT LES COUILLES MENUES À ME DEMANDER DE PRENDRE RDV DANS LA VILLE PAUMÉE SINON PLUS DE RSA.

Pas que j'en ai fondamentalement besoin. Soyons bien clairs là-dessus. Mon boulot me permet tout juste de toucher autant que le RSA. Sauf que voyez-vous, vérification faite, toucher autant que le RSA, c'est être sous le seuil de pauvreté. Donc avoir droit au RSA activité.

Voilà, j'aimerais juste comprendre : si j'étais resté à ne rien faire jusqu'au suicide, personne n'aurait objecté quoi que ce soit. Mais puisque j'ai osé tout faire par moi-même en les faisant passer pour une bande d'incompétent·es, on vient me chercher des noises ? Et d'abord, le fait que j'ai déménagé, ça ne m'exempte pas de ces conneries de Conseil départemental où je n'ai pas de résidence du coup ?

Conclusion : les administrations françaises veulent votre mort. C'est plus simple à gérer, et puis il y a moins de fraudeurs.