Loris Guémart (@lorisguemart): "Résumons : un gouvernement incompétent sur cette crise sanitaire de grande ampleur, plutôt que de faire son boulot de gouvernement…"

En vrai, cette période de flottement d'un gouvernement qui ne sait pas se sortir les doigts du cul à cause notamment de ses œillères idéologiques individualistes serait le moment idéal de refaire société, de manière anarchiste, sans l'État ou un quelconque leader fort. M'enfin, je suis pas du tout optimiste.

J'écrivais ça hier. En fait, je ne vois que deux termes pour qualifier ce gouvernement : impéritie et incurie. Il me semble que jamais nous n'avons eu une telle représentation de l'idéologie néoclassique au pouvoir. Pour eux, la société n'existe pas, il n'y a que des individus.

Je ne vois que deux moyens de nous défendre contre de telles dérives : couper métaphoriquement des têtes, ou réorganiser la société de telle sorte que l'on n'ait plus jamais besoin d'eux. Les virer à coups de pompe dans le cul, ou pousser leur idéologie à sa limite, la dépasser. Dans un tel moment, le roi est nu. De là à ce qu'une majeure partie de la population le remarque et agisse…

Encore une fois, si cette crise sanitaire est le moment de tester certaines hypothèses politiques, sociales, psychologiques, et ainsi d'invalider empiriquement leurs mythes, je reste peu optimiste sur la capacité générale des individus à refaire société.

Comme le dit la personne avec qui je suis confiné : « Ah bah c'est pas trop tôt. Je crois qu'ils font les trucs au fur et à mesure qu'on gueule, en fait. » Comprenez bien qu'ils nous feront une guerre, sans merci, dans les deux cas. Voyez comme ils sont scandalisés lorsque le collectif ose se former pour protéger des vies. Ce sont les mêmes réactions que celles des vendeurs de drogue et des sectes dès lors que la dépendance de leurs clients est mise en cause. L'industrie du tabac scandalisée de la vape. Les homéopathes scandalisés du déremboursement. Lorsqu'une personne est scandalisée que le collectif tente de sauver des vies, c'est qu'elle pense y voir un moyen d'émancipation de leur emprise. Une personne toxique ne crache pas sur ce qui ne risque pas son influence.

Note

Purin, mais Rousseau dans son Discours sur l'économie politique (tome V de l'Encyclopédie, 1755) c'est quelque chose.

Qu'on établisse de fortes taxes sur la livrée, sur les équipages, sur les glaces, lustres et ameublements, sur les étoffes et la dorure, sur les cours et jardins des hôtels, sur les spectacles de toute espèce, sur les professions oiseuses : comme baladins, chanteurs, histrions, et en un mot, sur cette foule d'objets de luxe, d'amusement et d'oisiveté, qui frappent tous les yeux, et qui peuvent d'autant moins se cacher, que leur seul usage est de se montrer, et qu'ils seraient inutiles s'ils n'étaient vus. Qu'on ne craigne pas que de tels produits fussent arbitraires, pour n'être fondés que sur des choses qui ne sont pas d'une absolue nécessité : c'est bien mal connaître les hommes que de croire qu'après s'être laissés séduire par le luxe, ils y puissent jamais renoncer ; ils renonceraient cent fois plutôt au nécessaire et aimeraient encore mieux mourir de faim que de honte. L'augmentation de la dépense ne sera qu'une nouvelle raison pour la soutenir, quand la vanité de se montrer opulent fera son profit du prix de la chose et des frais de la taxe. Tant qu'il y aura des riches, ils voudront se distinguer des pauvres, et l'État ne saurait se former un revenu moins onéreux ni plus assuré que cette distinction.