Éditions Yomli

Message de service

En raison des conditions sanitaires dans lesquelles les salariés des différents canaux de distribution physique sont contraints de travailler, et en soutien au service public, nos ouvrages sont disponibles gratuitement au format Lyber.

Comme je l'ai dit, je n'ai pas le temps de proposer un site web plus attractif avant juillet. Merci de votre compréhension.

Kanor (@KanorUbu): "il y a quasiment une relation inversement proportionnelle entre le salaire et l'utilité du poste ( avec deux trois exceptions)" / Twitter

Les rares économistes dont le QI ne dépasse pas celui de la température anale (© Desproges) vous diront que la hiérarchie des salaires est parfaitement justifiée par l'investissement en « capital humain », autrement dit en études.

C'est une idée qui remonte à Adam Smith :

Un homme qui a dépensé beaucoup de temps et de travail pour se rendre propre à une profession qui demande une habileté et une expérience extraordinaires, peut être comparé à une de ces machines dispendieuses. On doit espérer que la fonction à laquelle il se prépare lui rendra, outre les salaires du simple travail, de quoi l'indemniser de tous les frais de son éducation, avec au moins les profits ordinaires d'un capital de la même valeur. Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, livre I, chapitre X, Paris, Guillaumin, 1843, p. 135 sq.

Laurent Cordonnier, dans Pas de pitié pour les gueux, remarque ainsi qu'il est évident que tous les étudiants tiennent compte du taux d'intérêt pour prolonger leurs études (Raisons d'agir, 2000, note 7) :

Le problème, bien entendu, c'est que Smith faisait là une comparaison en passant. Considérer la force de travail comme un capital est une aberration, à moins d'accepter l'idée que le Capital s'auto-génère. Si tel était le cas, à quoi bon mettre des êtres humains au travail ? Ça n'empêche pourtant pas Léon Walras de le faire, et par suite, pas mal d'économistes. Ce qui pose le problème de la valeur. Comme le dit Walras (pas la ref sous la main), il y a trois écoles quant à ce qui fait la valeur de la marchandise :

  1. La force de travail investie.
  2. L'utilité.
  3. La rareté.

Or, pour Walras les deux premières ne valent rien. Du coup, on se retrouve avec une construction théorique provenant de Walras (capital personnel), qui va à l'encontre de ce que Walras préconisait (puisque la valeur de la marchandise force de travail n'est pas indexée sur la rareté). Ou alors j'ai mal lu ou pas compris un truc.

On voit que la théorie ne tient pas l'épreuve empirique. Les économistes à deux neurones se défendront en citant Milton Friedman sur les hypothèses qui n'ont pas à être vérifiées, ou reprendront comme souvent une formulation comme celle de Steven C. Salop (A Model of the Natural Rate of Unemployment, p. 118) :

The appeal of this model rests not on its empirical validity, but on the logical structure of the analysis […]

Parce que si c'est bien sur la rareté du set de compétences que l'on monte la hiérarchie, comment expliquer que le docteur en philo soit moins bien rémunéré que la foule des project managers que l'on peut recruter dès bac+2 ? Même question pour le niveau d'études. De là à dire que c'est du bullshit et qu'en définitive on peut très bien choisir, rationnellement, de baser les salaires sur l'utilité, il n'y aurait qu'un pas. Je vous laisse le franchir.

Bruno Le Maire propose une prime de 1000 euros pour ceux qui continuent de travailler malgré le coronavirus | Le Parisien

Chapô : « Il s'agit en réalité de la prime Macron. » Donc à la discrétion de l'employeur et en aucun cas un cadeau du gouvernement.

Une farce. Chaque jour de confinement est une farce, là où auparavant le rythme était hebdomadaire.

Citez-moi des mesures qui ne se révèlent pas être laissées au bon vouloir d'un acteur social ou économique. Même l'attestation obligatoire c'est tellement n'importe quoi que tout le monde est dans la rue pour grappe de six pour faire son footing. C'est même plus du management à ce niveau, parce que cela suppose tout de même un certain niveau de coercition au sens littéral du terme. Une telle vacuité de la parole politique dirigeante relève de la performance artistique, je ne vois que ça.

J'en vois cracher sur les opposants politiques. Comme quoi l'union nationale ce serait tout accepter sans rien dire.

Le concept d'union nationale, c'est faire front en tant que nation unie dans l'adversité. Quand tu en as qui provoquent des morts, c'est normal de s'y opposer. Pis bon, en France, la première Union nationale, c'est un groupe d'extrême droite antisémite. Le premier « gouvernement d'union nationale » comportait des personnages comme Pétain et Laval. Perso je la ramènerais pas trop avec l'idée qu'il faut collaborer sans condition.